Dans l’état actuel de nos connaissances, au moins trois sanctuaires se sont succédés existé avant le XIème siècle mais nous n’avons pas trouvé de trace écrite ni dans les archives, ni dans les fouilles archéologiques.
Un premier édifice d’origine Romane (XIème et XIIème siècle) se trouvait à quelques mètres de l’église actuelle, sous la Place de l’Église au Nord-Ouest. Ses vestiges à jour lors des fouilles archéologiques effectuées en 1987 à l’initiative des AMIS DU VIEUX ROSNY et de la Municipalité de Rosny-sous-Bois.
L’entrée était vraisemblablement située du côté de l’actuelle rue Gallieni. Grâce à ces fouilles, on sait qu’à l’époque mérovingienne, Rosny était un Village avec son église et son cimetière, comme nous le confirme la bulle d’ALEXANDRE III de 1163.
Nous ne connaissons pas actuellement le nom du Saint Patron de l’église romane.
Au début du XIIIème siècle l’édifice menaçant de s’écrouler, on construisit une nouvelle église patronnée par Saint-Denis (Texte de Monsieur NOËL BRESSOUX). La paroisse était dirigée par un curé prieur. Cette cure a été unie et desservie par les chanoines de Sainte-Geneviève. Le curé prieur jouit d’un droit qui lui est particulier et n’est pas commun aux autres qui dépendent de cette Abbaye à savoir que tous ceux qui se marient en cette paroisse sont obligés de venir lui présenter le plat de noce en cérémonie pour son déjeuner. À remarquer que la même chose se pratiquait 300 ans auparavant dans PARIS, lorsque toute la ville était renfermée en la Cité.
Toute cette habitude disparut qui se mariait payait un droit à leur Marguillier. Le cimetière jouxtait l’église au Nord-Ouest et la maison Seigneuriale au Sud-Est.
Le 13 Juillet 1788, un orage important a fait tomber une grêle d’une grosseur extraordinaire. Une partie des ardoises du clocher fut brisée ainsi que tous les vitraux côté Ouest.
Le cahier des doléances de Rosny rédigé le 15 avril 1789, demandait notamment le maintien de la seule religion catholique, apostolique et romaine.
Le 2 Avril 1791 le conseil municipal en dehors du curé élaborait un règlement pour fixer les heures des offices, messes et vêpres des dimanches et Fêtes.
Le 21 Avril 1791, un service funèbre fut célébré dans l’église pour le repos de l’âme du célèbre révolutionnaire MIRABEAU.
Début 1793, Marat de passage à Rosny, accompagné de quelques hommes de Paris ne manqua pas de se distinguer en brisant quelques statues dans l’église.
C’est en Novembre 1793 que l’église fut transformée en « Temple de la Raison», et que les objets servant au culte durent être portés à la Monnaie pour y être fondus. Le 23 Avril 1794, le conseil décida en outre que la girouette du toit du temple serait supprimée et remplacée ou du moins couverte par une oriflamme surmontée d’un bonnet phrygien ou « Bonnet de la Liberté ».
Les lois du 21 Février et du 30 Mai 1795 rendirent une certaine liberté au culte. C’est à partir du 6 Novembre 1795 que l’église fut réouverte, purifiée, malgré que des élections municipales y seront encore organisées et que le curé DESMARES y repris ses fonctions sacrées avant de s’éteindre le 18 Août 1796 à l’âge de 68 ans.
En 1817 le mur du bas-côté gauche qui menaçait ruines été reconstruit en totalité. Les os des morts trouvés lors de la démolition ont été remis dans une fosse dans le cimetière jouxtant l’église.
Monsieur MOLINOS, architecte, déclare l’église en très mauvais état et pense qu’il vaudrait mieux en reconstruire une nouvelle.

Le dimanche 2 juillet 1848, le Conseil de Fabrique responsable de la Paroisse, se réunit au Presbytère à l’issue de la Grand’messe pour envisager la construction de la nouvelle église.
Le Conseil Municipal décida dans sa séance du 22 Novembre 1850 la réédification totale de l’église.
Le devis de la future église fut présenté par Monsieur WASSANT, architecte de l’arrondissement de Sceaux et se montait à : 84.495,70 francs.
Le 30 Avril 1850 le cahier des charges fut approuvé après avoir été réduit à : 74.535,01 francs.
La décision de la construction a été votée le 16 Novembre 1850.
Pendant les travaux une chapelle provisoire a été installée chez un Marguillier (membre du conseil de la Paroisse) Monsieur Adrien FICHON, rue Saint-Denis. Cette chapelle a été bénie le 29 Juillet 1856.
Le 19 Juillet 1857 la pose et la bénédiction de la première pierre ont été faites conformément au rituel de PARIS par Monsieur le Curé de la paroisse d’après délégation donnée par Monsieur DARBOIS, vicaire général, archidiacre du diocèse, légitimement empêché. La pierre bénite se trouve conformément aux lois de l’église, à l’angle droit de la façade. Au dessous de la pierre se trouve une incrustation dans la pierre dans laquelle l’autorité a placé une plaque en cuivre portant cette inscription :
« La première pierre de cette église a été posée et bénite par L. P. J. ALLARY, curé de la paroisse délégué ad hoc en présence de toute la Paroisse et des autorités du lieu, en présence de M. NAISSANT architecte, de Monsieur EPAULARD maire adjoint faisant les fonctions de Maire, de L. A. EPAULARD de Fontenay, entrepreneur de la maçonnerie avec Jules VARNOT. »
Avec la plaque on a aussi placé quatre pièces de monnaie de l’année. Le tout a été recouvert par une plaque en zinc et scellé avec du ciment romain. La pierre bénite recouvre le souvenir de la commune.
Le présent procès verbal a été publiquement lu après la cérémonie et signé par toutes les autorités. Une copie a été transcrite sur les registres de la fabrique. L‘ensemble des travaux a été terminé en 1860.
Cette nouvelle église a une superficie de 480 mètres carrés. Elle comprend trois travées, celle du milieu était occupée par une tour qui n’existe plus aujourd’hui.
Au rez-de-chaussée s’ouvre une porte plein cintre avec archivolte décorée de scipions. Les sommiers de l’arc plein cintre reposent sur des têtes d’hommes et de femmes formant consoles.
Le premier étage est ajouré de fenêtres géminées plein cintre que surmonte un cadran d’horloge. Au-dessus existe un campanile construit en pans de bois, recouvert en partie d’ardoises et qu’ajourent sur chacune de ses faces des baies rectangulaires garnies d’abats sons, une flèche quadrangulaire termine cet ensemble.
Les deux parties extrêmes de la façade sont ajourées chacune par une fenêtre plein cintre et terminées par un demi pignon accusant le rampant des bas côtés. Les façades latérales comprennent deux étages éclairés chacun par cinq baies plein cintre.
A l’intérieur cette église offre une grande nef flanquée de bas côtés et terminée par un hémicycle occupé par le Maître Autel. Cette nef est divisée dans le sens de la longueur en cinq travées séparées par des piliers supportant des arcs plein cintre et s’ouvre sur l’hémicycle par un grand arc de même forme.
La charpente du comble est restée apparente dans la grande nef, le chœur seul est voûté en plein cintre. Deux hémicycles de chaque côté de la porte d’entrée abritent les chapelles de Fonds baptismaux et du Sacré Chœur. L’autel en bois était magnifique et de chaque côté du chœur se trouvaient de très belles peintures disparues lors de la modernisation de l’autel. La voûte du Chœur était peinte en bleu.
Durant la guerre de 1870, l’église fut blessée de guerre puisque des obus traversèrent son toit à gauche du Chœur. Lors des réparations, un obus a été laissé à cet emplacement en souvenir. Nous pouvons le voir encore aujourd’hui.
Le 12 Mars 1922 sous la Présidence de son Eminence le Cardinal DUBOIS, Archevêque de Paris, a eu lieu l’inauguration et la bénédiction du bas relief œuvre de Charles DESVERGNES Grand Prix de Rome, posé à la mémoire des morts de la première guerre mondiale.
Les vitraux sont du peintre verrier LUSSON et datent de 1869.
La peinture : « Le repos en Egypte » qui est sur le mur de l’église côté gauche a été donné par l’Empereur NAPOLEON III et par l’Impératrice Eugénie qui venait prier dans notre église lors de leurs déplacements au Raincy avec arrêt chez le Baron DE NANREUIL pour des chasses à cours. Cette œuvre monumentale est du peintre TENANTE et date de 1860.
A gauche de l’Autel se trouve une statue de Sainte Geneviève. C’est une statue en bois polychrome datant du XVIème siècle, ayant d’abord orné une chapelle du précédent édifice, elle subi au cours du XIXème siècle un ravalement couleur ocre avec pochage de fleurettes or, assez bien exécuté, mais détruisant complètement le caractère du personnage. Elle vient d’être classée monument historique le 12 Février 1979 après avoir été conduite à l’atelier d’un spécialiste M.ALOT de Paris afin d’être remise en son état primitif sous le contrôle du Service du Musée du Louvre de Paris. La pose définitive a eu lieu le 10 Avril 1981. La Statue est actuellement scellée sur son socle pour éviter le vol.
La Sainte est représentée ici tenant les écritures d’une main et de l’autre elle tient un cierge remplaçant un flambeau représentant la lumière.
Avant le chemin de croix actuel existait un chemin de croix en plâtre moulé représentant les scènes de la Passion en relief. Ce chemin de croix fut probablement mis en place lors e l’inauguration de l’église actuelle en 1860.
Il y avait dans le clocher une cloche deux fois et demi centenaire qui ne pouvait plus assurer son service et le 4 Juin 1900. L’Abbé CAYEZ, Curé de la Paroisse dut songer à la remplacer. Mais tant qu’à commander une cloche, il en commanda trois et il fallut faire d’importants travaux de consolidation pour recevoir ces cloches.
Grâce à la générosité des paroissiens, c’est le dimanche de la Pentecôte 1900 que les trois belles cloches œuvres du fondeur HILDEBRAND attendaient dans l’église le baptême que devait leur conférer Monseigneur de L’ESCAILLE délégué à cet effet par son Eminence le Cardinal Archevêque.
Dans une paroisse où la châsse de Sainte Geneviève a passé une nuit (d’après les Acta Sanctorum) lors de l’invasion des Normands, il était normal qu’une des cloches s’appelle GENEVIÈVE. Ce fut la moyenne qui a reçu ce nom. A la plus grosse on réservait le nom de GERMAINE en l’honneur de Saint GERMAIN d’Auxerre le révélateur de la vocation de Sainte Geneviève. Enfin la petite fut nommée CLOTHILDE en souvenir de la bonne Reine que Sainte Geneviève accueillit à Paris.
Lors de cette cérémonie, Monsieur le Curé de Saint Etienne du Mont (où se trouve actuellement la châsse de Sainte Geneviève) avait été invité à dire quelques mots et il dit : Chaque jour ces cloches sonneront l’Angélus, annonceront un baptême, un mariage ou le départ vers le Père d’un d’entre vous. Les dimanches et Fêtes, elles appelleront les fidèles pour assister aux offices. Un Suisse en uniforme portant bicorne, chaussettes blanches et crosse, était chargé de la garde, de l’entretien de l’église et de la surveillance des cérémonies (de faire lever ou asseoir les fidèles).
En 1811, il fut remplacé par un bedeau chargé des mêmes fonctions, mais celui-ci devait sonner les offices ou il y avait un chœur, ouvrir et fermer les portes de l’église, allumer et éteindre les luminaires, conduire le pain à la bénédiction et de là à la sacristie, de le couper et de le distribuer, d’abord au Clergé, aux Magistrats et aux Administrateurs, et enfin à tous les fidèles. De vêtir Monsieur le Curé de la chape et de la lui retirer, de le précéder pour l’aspersion d’eau bénite, de le conduire de la sacristie à l’Autel, de le conduire à la chaire, de le suivre à l’encensement, aux processions, de ranger et balayer l’église. En 1811 le bedeau Monsieur Claude FICHON recevait 50 Francs par an.
Le 19 Août 1944, trois jeunes Rosnéens pris pour cible par l’occupant ne durent leur salut en s’engouffrant dans le porche ouvert de l’église.
En 1949 furent entreprises la réfection du clocher ainsi que la réparation du coq en cuivre qui avait été percé par une balle pendant la guerre. Un défilé du coq dans une carriole décorée de fleurs a défilé dans les rues de Rosny aux sons d’un accordéon.
Puis dans les années 1970 d’importants travaux de modernisation furent faits dont la dépose de la chaire, des lambris, du chemin de Croix, ainsi que la quasi totalité des fresques qui ornaient le chœur et les chapelles.
En 1996, les enduits de la base du chœur s’effritant, il fut décidé de faire apparaître le mur en pierres tel que nous pouvons le voir aujourd’hui. Depuis le clocher a été entièrement refait en ardoises.
Le développement de l’urbanisation a amené l’édification de la chapelle Saint LAURENT, devenue église à la mémoire de l’Abbé Laurie Richard décédé le 2 Avril 1923.
Elle a été édifiée grâce à la générosité des paroissiens et des chantiers du Cardinal avec l’approbation et les encouragements de Son Eminence le Cardinal DUBOIS. Elle fut bénite et inaugurée le 8 Décembre 1929 par Monseigneur CRÉPIN évêque auxiliaire sous la présidence d’honneur de Monseigneur VERDIER Archevêque de Paris.
Elle fut construite d’après les plans dressés par l’architecte Albert CHAUVEL. Il avait été prévu d’ajouter ultérieurement une abside en hémicycle dont on peut voir l’approche derrière l’église et un clocher latéral. Cet agrandissement n’a jamais été réalisé.
Cette église se compose d’une nef unique de cinq travées délimitées par des arcs brisés en ciment armé qui font leur point de retombée très bas à un mètre environ du sol. Une tribune en ciment a été aménagée à l’Ouest.
Tous les murs sont enduits à l’intérieur de moitié de chaux teintée ocre.
Le chemin de croix, la tête du Christ qui décore l ‘arc triomphal, les représentations de Sainte THÉRÈSE, de NOTRE DAME DE LOURDES placées à gauche et à droite du chœur sont de belles fresques œuvres de GAUDIN.
Le tabernacle et les chandeliers de l’autel Notre Dame de Lourdes sont dus au ferronnier SUBES. L’éclairage est dû à Monsieur LALIQUE. La pierre meulière employée pour la construction est apparente à l’extérieur. Lors de la modernisation du culte, les statues ont presque toutes disparu, le tabernacle a changé et l’autel est face aux paroissiens.
En 1969, l’église NOTRE DAME DE LA VISITATION a été construite avec l’aide des chantiers du Cardinal. Elle se trouve dans le Quartier des Marnaudes qui avait sa paroisse à NOTRE DAME DE L’ESPÉRANCE de Villemomble.
Avant l’urbanisation nouvelle, le quartier n’était qu’un ensemble de vergers, de champs de choux de Bruxelles, de thym, etc…..
Peu à peu ce quartier s’est équipé d’écoles, d’un Centre Socioculturel, de Bureaux de Poste, de Centres commerciaux, d’un marché, d’une crèche, de deux résidences pour personnes âgées et d’une gare « ROSNY-BOIS-PERRIER ».
Lorsqu’il a été question de donner un nom à l’église, un petit problème s’est posé. Le Père CHAUDOREILLES qui était curé de Notre Dame de l’Espérance, avait proposé le nom de NOTRE DAME DU BON ACCUEIL.
Le Père LE CORDIER qui était l’évêque de Saint-Denis et qui venait de vivre le Concile, a préféré le nom de NOTRE DAME DE LA VISITATION.
Cette église fut construite en béton, elle n’a pas de clocher (en 2006) mais une cloche est installée à l’Est et permet d’appeler les fidèles pour les offices. Depuis quelques années un clocher à été installé.
Madame Lucette PASQUIER – SHRB – Janvier 2006
Complété par Monsieur Pierre DIJOL à l’occasion de la Journée des Églises, le 2 Juillet 2016.
