C’est par ces mots que Le Président de la République, Emmanuel MACRON a annoncé l’entrée au Panthéon le 23 Juin 2026, des cendres de Marc BLOCH « Pour son œuvre, son enseignement et son courage » ajoutait-il.
Né à Lyon en 1886, le jeune homme fait ses études secondaires au lycée Louis-Le-Grand et entre en 1904 à l’École Normale Supérieure. Il devient agrégé d’histoire et géographie en 1908 et enseigne quelques années à Montpellier et à Amiens…
Survient la 1ère guerre mondiale… Marc BLOCH s’engage et gravit les échelons jusqu’au grade de Capitaine. Il est décoré de la Croix de guerre et de la Légion d’Honneur à titre militaire.
En 1919, il entame une carrière universitaire qui le conduit à enseigner à la Sorbonne en 1936. Bien que très discret sur sa vie, il décrit, non sans humour dans Apologie pour l’histoire en 1941 « un travailleur que j’ai quelques raisons de bien connaître ». Pendant l’occupation, pour échapper à la censure, il écrit sous le nom de « FOUGÈRES » et cite les recherches d’un certain Marc BLOCH !
Intéressons-nous à son travail d’historien.
Dès le début de sa carrière, il oriente ses recherches et ses publications sur la société féodale : Rois et Serfs, un chapitre d’histoire capétienne (thèse soutenue en 1920), Les Caractères originaux de l’histoire rurale française publié en 1931, La Société féodale en 1939-1940.
Ce qui nous attache particulièrement à cet historien, c’est qu’au détour de ces publications, il évoque un petit village que nous connaissons bien ! Il relève que « certains procès de servage ont duré des générations, tel un grand procès entre Sainte-Geneviève-de-Paris et les hommes de Rosny-Sous-Bois, où durent intervenir le roi Louis VII et les papes Lucius III, Innocent III et Honorius III ».
En effet, aux 12e et 13e siècles, un des grands épisodes de notre histoire locale reste la lutte de nos ancêtres soumis à de multiples contraintes et privations de liberté dans leur vie quotidienne (interdiction de se marier en dehors de la communauté villageoise, d’aller vivre ailleurs sans autorisation, d’hériter). Ils sortiront vainqueurs de leur combat et finiront par être autorisés à « racheter leur liberté ». Dans le livre Rosny-Sous-Bois : de Rodoniacum à nos jours publié par notre association en 1994, un chapitre entier, fruit d’importantes recherches effectuées dans les années précédentes, est consacré à ce sujet.
Joël DESBRUERES
Marc Bloch ou le paradoxe de la panthéonisation
Grand résistant et pour cela fusillé par les Nazis, historien à la renommée internationale, Marc Bloch entre aujourd’hui au Panthéon. Pourtant cette célébration par l’État ne saurait faire oublier que les lois antisémites de Vichy l’ont expulsé de la communauté nationale.
La patrie marque ainsi sa gratitude note l’historienne Alya Aglan « à celui que l’état français a rayé de ses cadres, interdit d’exercer sa profession, publiquement banni, spolié, exclu de la direction de la revue qu’il avait fondée, condamné à une mort civique avant de l’abandonner avec beaucoup d’autres, à la barbarie nazie secondée par des supplétifs français ».
Cette mise à l’écart de la communauté nationale ne doit pas être passée sous silence. Pourtant, aujourd’hui encore, il est parfois de bon ton de relativiser, afin de faire oublier que le gouvernement de Vichy ne se contenta pas de suivre les Nazis mais avait son propre agenda, qu’il fit tout pour mettre en œuvre à l’ombre des occupants. Rejet frénétique de la révolution française, refus de tout progrès social, couplé avec la volonté de mettre à l’index les populations « impures » furent bien à l’origine de ses décisions. Celles-ci viennent de loin, et ont pu être appliquées à cause de « la divine surprise » de la défaite comme l’écrivit Charles Maurras, l’idéologue et fondateur de la mal nommée « Action Française ».
Cette reconnaissance de la nation doit aussi permettre la connaissance approfondie du contexte dans lequel Marc Bloch a agi. Ce serait rendre un bel hommage à la fois au savant et au résistant.
Christian MICHEL
Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur ce grand homme, nous vous conseillons la vidéos de Nota Bene à son sujet :

